Le congé parental - La reprise du boulot et le 80%

18 novembre 2019


Il y a plusieurs semaines j'évoquais sur ce blog mon congé parental. Celui que j'ai tant hésité à prendre et qui finalement s'est avéré être l'un des meilleurs choix que j'ai fait ! Aujourd'hui j'avais envie de revenir un peu sur le sujet et de vous parler de ma reprise du boulot. Parce que j'ai vécu ça difficilement et que j'avais, d'une part, envie de me confier et d'autre part de partager mon expérience ! Peut-être que certaines d'entre vous ont connu (ou connaissent) ce sentiment si spécial ...

En écrivant cet article j'ai parallèlement commencé le très réputé et conseillé livre de Catherine Guegen "Pour une enfance heureuse" et j'ai fermé hier soir la page qui résume assez bien mon ressenti de début septembre. Je cite : 

"Actuellement en France, durant la première année de vie de l'enfant, les femmes ont des attitudes très diverses. Certaines s'arrêtent de travailler quelques années. D'autres prennent un congé parental de quelques mois et sont très heureuses. D'autres font ce même choix avec enthousiasme puis progressivement s'ennuient avec leur enfant et veulent reprendre le travail. Et un petit nombre d'entre elles dépriment réellement en restant chez elles avec leur petit. Enfin, certaines choisissent d'aménager leur temps de travail, leurs horaires ou une demi journée par semaine, ou en rentrant plus tôt chez elles.
Quand la femme trouve un équilibre de vie satisfaisant, alors elle se sent bien dans son travail et dans sa famille.
Beaucoup de femmes veulent vivre pleinement et souhaitent avoir un épanouissement total de leur être, c'est à dire pouvoir à la fois être elles-mêmes en tant que personnes, mais aussi être mères et être femmes. Elles aimeraient pouvoir se réaliser en développant leurs dons, talents, capacités, par le travail, l'art, l'artisanat, etc. Elles aimeraient être pleinement mères et avoir du temps pour vivre la relation affective et éducative avec leur enfant. Et enfin elles souhaitent être femmes et avoir le temps de vivre la relation affective avec leur compagnon.
Ces souhaits légitimes d'épanouissement lèvent beaucoup de questionnements, de sentiments de culpabilité chez les femmes. L'équilibre essentiel à trouver entre la vie familiale et le travail est un choix très personnel, propre à chacun. Il est à reconsidérer tout au long de la vie et dépend à la fois de l'environnement social et familial, de l'âge des enfants, des différents choix de vie, de l'entente du couple, de la motivation et de l'intérêt pour le travail mais aussi des revenus financiers."

Début Juillet, le compteur tourne et je sentais bien que le M-2 de la reprise du boulot s'enclenchait. Tout le monde me disait "n'y pense pas, c'est long deux mois, profite !". C'est facile à dire ... Mais à faire, c'est bien autre chose.
Je voguais entre deux états d'âmes. Celui d'être présente pour Axel, de me donner à fond et de faire perdurer mon allaitement avec brio et entrain. Et celui d'éprouver un sentiment amer et excitant d'une reprise d'activité. Quand on dit que la maternité fait poser beaucoup de questions aux femmes, c'est pas pour rien. Et toujours avec un esprit de contradiction s'il vous plait, sinon, c'est pas drôle.

Je ne me voyais pas inactive. Et je ne me voyais pas reprendre les rennes comme je les tenais avant. C'était dur psychologiquement de me dire que ce cocon de 8.5 mois allait se terminer du jour au lendemain, mais pour l'appréhender au mieux il fallait quand même que je prépare ma rentrée.

J'ai écouté beaucoup de podcast, et surtout celui de Bliss avec le témoignage d'Inès sur sa reprise du boulot après un congé mat qui m'a réconforté sur le fait que je n'étais pas seule à ressentir ça. Ma grande soeur, elle, n'attendait qu'une chose : reprendre le boulot ! Me concernant, être séparée d'Axel plus d'une demie journée serait insoutenable. J'ai une confiance aveugle en sa nounou qui est une femme en or, mais le fait de savoir qu'elle profite "à ma place" la journée de ses sourires ravageurs me pince le coeur. Mais c'est la vie ! Ahhhhh "la vie". Cette phrase que j'entends à longueur de temps. Oui c'est la vie, c'est sûr, mais elle n'est pas toujours simple.

J'ai la chance de faire un job qui me plait et d'avoir moult activités extra pro enrichissantes et stimulantes. Mais j'ai eu beau le savoir, le jour de la rentrée arrivant, j'étais dans le flou. D'ailleurs, en arrivant sur le parking du boulot, j'ai sombré dans les bras d'une collègue qui, bienveillante, me demandait si tout allait bien. Toute la journée on me l'a demandé, toute la journée j'ai pleuré. Pleuré de douleur, la boule au ventre de ne penser qu'à mon bébé et l'angoisse de ne plus savoir rien faire. Assise derrière mon écran, 2800 mails au compteur, je ne savais même plus comment on ouvrait les documents ! Le fait de ne plus avoir réfléchi professionnellement pendant près de 9 mois m'a complètement démusclé le cerveau. Je me suis retrouvée face à moi même à me dire "mais qu'est-ce que je fais là ?" "La vraie vie n'est pas là pourtant, c'est Axel ma vraie vie !". Sauf que, même si ces remarques fusaient dans ma tête malgré moi, ce n'était pas du tout le moment de se remettre en question professionnellement. Les hormones parlant, rien de ce que je pensais n'était cohérent, je réagissais à chaud avec mes tripes. 

Le meilleur conseil qu'on m'a donné ce jour là était "On ne te demande pas d'être opérationnelle tout de suite ! Reprends tes marques, prends ton temps, ré-installe toi, attends au moins un mois avant de repartir dans un rythme cohérent"... La première semaine pour ne rien vous cacher était difficile. D'autant plus que Bat était en déplacement pro, j'étais seule aux manettes à la maison, avec mes doutes. 

Au fur et à mesure des jours défilant je suis arrivée à la fin de la première semaine. J'ai opté pour un 80%, j'ai mes vendredis et c'est absolument génial. J'arrive le jeudi soir avec une pêche de dingue ! Je prends du temps avec Axel, je lui raconte mes journées mais surtout je réalise ce que devient l'équilibre pro/perso. Je sais qu'il va être long à s'organiser mais il va se faire sur la durée. Etre une femme active Maman prend du temps, on ne le devient pas du jour au lendemain. L'accouchement a été un chamboulement (mon fameux baby blues dont je vous parlais là), le fait de prendre un congé parental également, et la reprise du boulot en est un autre. 
Le lundi suivant, ça allait déjà mieux. Mon cerveau reprenait une gymnastique et j'ai repris le sport sur l'heure du midi, ça m'a permit de m'oxygéner l'esprit, de prendre du temps pour moi.

Il a fallu un bon mois avant de me dire "bon, là, ça va". Aujourd'hui, je vous écris cet article, j'ai un peu de recul. Je sais que rien n'est gagné. Que devenir Maman est une aventure à part entière, comportant ses hauts, ses bas, ses remises en question. Je sais que je veux rester active, mais je sais aussi que j'ai besoin d'un climat serein à la maison pour vivre ma vie de Maman épanouie. Je ne me suis jamais sentie aussi bien qu'aujourd'hui, en phase avec moi même. Je ne suis pas quelqu'un de carriériste, j'aime un confort certain, mais ça passe aussi par l'épanouissement professionnel j'en suis pleinement consciente. 

Courage à vous si vous passez par là. Tout est momentané, il faut le temps que la machine se cale. Aujourd'hui je n'appréhende plus ces journées, Axel me manque c'est clair mais j'arrive à prendre du temps pour moi le midi, de refaire du sport, de déjeuner avec les copines, de m'activer le cerveau au boulot, et une fois que je suis dans ma voiture le soir j'active le Mama Mode et ma nouvelle vie aussi. On apprend à faire la part des choses et je vous promets que ça se passe bien. 

Au plaisir d'en discuter ! 

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